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02/02/2012
La population européenne vieillit, l’Europe s’y prépare activement
L’Union européenne célèbre cette année le « vieillissement actif ». Deux enquêtes reviennent sur le déclin démographique du Vieux Continent et, dans un tel contexte, sur la perception des Européens quant au travail des seniors.
2012 a été consacrée Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle. L'initiative de la Commission européenne et des autres institutions de l'Union a pour objectif d’améliorer les possibilités d’emploi et les conditions de travail des personnes âgées, tout en assurant leur bien-être et leur intégration au sein de la société.
Une occasion pour les instances européennes de tirer la sonnette d’alarme sur la démographie déclinante du Vieux Continent. Selon les projections d'Eurostat en effet, la population active de l'Union chuterait de quelque 6,8 % (soit 20,8 millions de personnes) d'ici à 2030. Pis, dans moins de 20 ans il ne restera plus que deux personnes en âge de travailler (de 15 à 64 ans), pour subvenir aux besoins d'une personne retraitée (plus de 65 ans). Le ratio est de 4 pour 1 aujourd'hui.
2012 n’a pas été choisie au hasard. L’année marque en outre le début de ce déclin quantitatif de la population active européenne. Un vieillissement qualifié de « considérable » par les institutions européennes. Le nombre de sexagénaires commencerait déjà à progresser au rythme de deux millions de personnes supplémentaires par an. Selon les démographes, le pic le plus décisif devrait être ainsi atteint entre 2015 et 2035, lorsque la génération du baby-boom prendra sa retraite.
Sans surprise, la promotion du vieillissement actif s'inscrit donc dans l'agenda européen 2012. Avec au programme de cette année des actions de sensibilisation, mais aussi l'instauration de politiques et de pratiques permettant aux seniors de continuer à travailler, de rester en bonne santé et de jouer un rôle actif dans la société.
Récemment, deux études ont été dans ce contexte simultanément publiées par la Commission européenne et d'Eurostat. La première (Eurobaromètre spécial 378, « Vieillissement actif »), analyse la perception des Européens sur la question. Elle constate ainsi que ceux-ci sont mûrs pour vieillir en restant actifs, tout en maintenant un niveau de bien-être et d'intégration dans la société.
Si 71 % d’entre eux sont certes conscients du vieillissement de la population européenne, 42 % seulement admettent s’en préoccuper. Pour 60 % des personnes interrogées le travail au-delà de l'âge de la retraite devrait être par ailleurs autorisé. Cependant, un tiers d’entre elles seraient prêtes à travailler plus longtemps. Une tendance constatée principalement chez les actifs proche de la retraite, les cadets se montrant quant à eux plus réservés sur la question.
Retarder l'âge de la retraite n'est plus tabou
Pour ce qui est de la sortie de la vie active, seul un Européen sur trois estime qu’il faudra repousser l’âge officiel de la retraite d’ici à 2030, et 61 % qu’il convient d’autoriser les personnes ayant dépassé l’âge de la retraite à travailler. Le plus souvent fixé à 65 ans, l’âge moyen de la sortie définitive du marché du travail en Europe était d’environ 61,5 ans en 2009, selon Eurostat.
42% des Européens se disent capables d’accomplir leur travail actuel au-delà de 65 ans, contre 17 %, qui ne pourront le continuer jusqu’à 60 ans.
Un tiers des Européens souhaiterait poursuivre leur activité professionnelle après l’âge de la retraite, et environ les 2/3 envisagent de combiner un emploi à temps partiel avec une retraite partielle, au détriment d’une retraite à part entière.
Les seniors travaillent plus longtemps
Publiée au même moment, une seconde enquête, d'Eurostat cette fois, constate une croissance du taux d'emploi des personnes âgées de 55 à 59 ans: de 50% en 2000, il grimpe à 61% dix ans plus tard. Même tendance haussière chez les 60 à 64 ans: de 23% en 2000, il est passé à 31% en 2010.
Au sein de l'UE27, toujours, le taux d'emploi des personnes âgées de 60 à 64 ans est disparate, et oscille entre 13% (en Hongrie) et 61% (en Suède). Pour les 55 à 59 ans, les taux d'emploi les plus élevés ont été en 2010 enregistrés dans les pays nordiques: en Suède (80,7%), au Danemark (75,9%) et en Finlande (72,5%). Ils sont par ailleurs les plus faibles en Pologne (45,8%), en Slovénie (46,9%) et à Malte (49,3%).
Pour les 60 à 64 ans, la Suède (61%) vient en tête devant le Royaume-Uni (44%) et l'Estonie (42,8%), tandis que la Hongrie (13%), Malte (14,2%) et la Slovaquie (17,2%) figurent en bas de tableau.
Le Luxembourg se maintient lui dans la moyenne, avec 38,9% des 55-59 ans qui étaient actifs en 2000. Ils sont désormais 55,7% en 2010. Le taux d'emploi des 60-64 ans s'est lui également accru entre 2000 (14,5%) et 2010 (20,1%).
Quelle retraite au soleil?
Plus jeune que la moyenne européenne, la population luxembourgeoise? En tout cas, selon Eurostat, la proportion de personnes âgées de 55 ans à 64 ans rapportée à la population totale a augmenté entre 1990 (10,8%) et 2010 (12,2%), et ce dans tous les États membres.
En 2010, c'est en Finlande (14,7% de la population totale), en République tchèque et à Malte (14,1% chacun) que les taux sont les plus élevés; l'Irlande (10,1%), la Lituanie (10,7%) et le Luxembourg (10,8%) connaissent les proportions le plus basses.
Les 65 ans et + représentaient quant à eux 13,7% de la population totale de l'UE en 1990. 20 ans après, ils sont 17,4%. L'Allemagne (20,7%), l'Italie (20,2%) et la Grèce (18,9%) comptent les plus fortes proportions, et l’Irlande (11,3%), la Slovaquie (12,3%) et Chypre (13,1%), les plus faibles.
Au Luxembourg, ce taux est resté quasiment inchangé: de 13,4% en 1990, il est en effet resté à 14% en 2010. Ce qui laisse à penser que les seniors du pays, ont tendance à vivre leur retraite méritée hors des frontières: à rentrer au pays pour les expatriés, et à opter pour une contrée au climat plus clémente pour les Luxembourgeois.
Marc Alison
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