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02/05/2012


Politiques de l’emploi : le Luxembourg actif dans le passif


Dans leur lutte contre le chômage, les autorités luxembourgeoises recourent plus au soutien passif, au détriment des mesures actives et de la formation professionnelle des chômeurs, constate le Statec.

pair1,2% du PIB: c’est le montant de la dépense publique luxembourgeoise allouée en 2010 à l’emploi, selon une récente étude du Statec. En hausse de 5% par rapport à l’année précédente, le total représente 514 millions d’euros.

Récession oblige, ces cinq dernières années les budgets dédiés aux politiques de l’emploi ont connu une augmentation très marquée dans les pays de l’Union européenne, explique l’office de la statistique grand-ducal. Ainsi entre 2007 et 2010, les pouvoirs publics luxembourgeois ont augmenté leur contribution de plus de 46%. Et pour la seule année 2009, les 27 pays de l’Union européenne auront dans leur ensemble investi plus de 250 milliards d’euros dans leur lutte contre le chômage.

La politique de l’emploi de la plupart des Etats repose principalement sur trois types de dispositifs : des mesures dites actives (axées sur la formation, l’insertion, l’incitation à l’embauche…), des mesures passives (aides sous forme d’indemnités) et des politiques d’encadrement (avec la mise en place de services liés au marché du travail).

Utilisées de manière combinée, ces programmes visent à aider les personnes en difficulté professionnelle et à les (ré)intégrer sur le marché du travail.

Priorité aux mesures passives

En 2010, les mesures dites « passives » (allocations de chômage complet et partiel, et de préretraites) ont constitué l’essentiel des dépenses de l’Etat luxembourgeois dans le domaine, avec 63% du total déboursé. Les indemnités de préretraites représentent à elles seules 20% de ces aides ainsi allouées.

Autre poste important, les allocations de chômage partiel, qui restent en 2010 à un niveau élevé, après avoir été multipliées par 23 entre 2008 et 2009, pour ensuite se stabiliser, rappelle le Statec.

pairDe leur côté, les mesures actives ont représenté environ 33% des dépenses totales. Parmi les dispositifs déployés par le gouvernement, les mesures d’incitation à l’emploi prédominent : l’indemnité compensatoire en faveur des travailleurs reclassés arrive en tête (34% de l’enveloppe), suivie de l’aide au réemploi (32%), des mesures d’intégration et de réintégration professionnelles des travailleurs handicapés (17%), mais loin devant le contrat d’initiation à l’emploi (5%), la bonification d’impôt pour l’embauche de chômeurs (1%) et les aides à la mobilité géographique (0.2%).

Quid de la formation ?

Facteur pourtant prépondérant d’intégration sur le marché du travail, la formation professionnelle des sans emploi n’a représenté au Grand-Duché que 9% des investissements de politique active, contre 43% pour l’ensemble de l’UE dans ce segment. « Les aides à la création d’entreprise sont quasiment inexistantes au Luxembourg. Au niveau des 27 pays membres de l’Union Européenne, ce type d’intervention représente néanmoins 7% des dépenses pour les politiques d’activation », constate ainsi le Statec.

Aucun lien de causalité

Plus généralement, une comparaison au niveau européen fait ressortir des disparités dans les budgets accompagnant les politiques de l’emploi. Si les dépenses dans ce domaine atteignent en moyenne 2,2% du PIB des 27, selon Eurostat, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande et le Danemark y consacrent entre 3,2% et 3,8% de leur Produit Intérieur Brut, contre 2,4% pour la France et 2,5% pour l’Allemagne.

Cependant, aucun lien de cause à effet ne saurait être déduit : « D’une manière plus générale, la relation entre ces dépenses et le taux de chômage est faible, avec un coefficient de corrélation de 0.12. Il convient de signaler également que l’ampleur des dépenses consacrées aux politiques pour l’emploi ne dit rien sur l’efficacité de ces politiques », conclut le Statec.


Marc Alison



editor@jobs.lu
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