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22/07/08
L’immigration, clé de la prospérité économique au Luxembourg
Alors qu’il y a deux siècles les Luxembourgeois fuyaient vers des contrées lointaines dans l’espoir d’une vie meilleure, aujourd’hui ils se réjouissent d’accueillir sur leur territoire une main-d’œuvre étrangère.
Et désormais, ils peuvent même choisir ceux qui veulent travailler chez eux. Au Luxembourg, presque la moitié de la population résidente ainsi que 66% des salariés du secteur privé sont issus de l’immigration à laquelle le Luxembourg doit son succès économique.
Or, la législation actuelle en matière d’immigration date de 1972 et ne répond plus à la situation actuelle. Ainsi, lorsque les députés européens ont adopté ce mois-ci une nouvelle loi sur la libre circulation et l’immigration, le Luxembourg a vu l’occasion de moderniser sa législation. Le 9 juillet dernier, la chambre des députés a voté à l’unanimité le projet de loi 5802 qui transpose en droit national six directives européennes.
Ce qui va changer
Avec l’application de la nouvelle loi, les démarches administratives seront simplifiées. Le regroupement familial sera facilité. Le permis de travail et l’autorisation de séjour pour les salariés ressortissants de pays tiers seront fusionnés en un seul titre de séjour. En outre, les autorisations ne seront plus limitées à un employeur mais à un secteur.
En revanche, pour l’obtenir, les candidats à l’emploi étrangers devront non seulement faire preuve d’un contrat de travail mais aussi justifier d’un travail d’intérêt économique pour le pays. En clair, le titre de séjour sera plus facilement délivré aux candidats dont le profil intéresse le pays, c’est-à-dire les chercheurs et les grandes fortunes.
Des déceptions
Pour certains, et notamment pour la Chambre de Commerce et les ONG, les conditions d’obtention d’une autorisation de séjour en tant que travailleur salarié sont trop sévères.
La Chambre de Commerce dénonce entre autre la durée de séjour pour les personnes vivants sur leur fortune personnelle limitée à une durée d’un an, qui n’incite pas à transférer sa résidence vers le Luxembourg.
Enfin, les grands perdants de cette nouvelle loi sont les jeunes et les étudiants originaires des pays tiers pour lesquels les conditions de stages et la durée de travail répondent à un régime très restrictif.
Ainsi, si la nouvelle loi sur l’immigration permet de réformer une législation devenue obsolète, il reste encore des améliorations et des précisions à apporter.
Sophie Sellier
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