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08/10/08
Crise financière: L’effet domino enclenché?
«Le lundi noir fait-il des vagues au Grand Duché ?» (Financialcareer.lu), «La crise, invitée surprise» (PaperJam)… Les médias luxembourgeois se font de moins en moins optimistes; surtout depuis la nationalisation de Fortis et de Dexia.
Personne ne l’avait vu arriver. Après la faillite de Lehman Brothers outre Atlantique, la crise bouleverse le paysage bancaire du Luxembourg où le climat de confiance s’est sérieusement détérioré. Le sauvetage de l’assureur AIG par la Fed avait pourtant fait renaitre un regain d’espoir dans la fin de la crise. Le gouvernement se voulait rassurant. Le premier ministre, Jean-Claude Juncker, préconisait que « l’impact ne [serait] pas trop fort ». A l’exception de Dexia, de Fortis et de KBC, peu de banques luxembourgeoises ont pris des engagements auprès de Lehman Brothers. De son côté, le ministre du Budget, Luc Frieden, refusait de s’affoler.
D’autres éléments permettaient de rester optimiste. En effet, «les résultats du secteur bancaire au premier semestre 2008 ne sont que faiblement en recul par rapport à ceux du premier semestre 2007», qui étaient excellents.
Toutefois, des signes de faiblesses pointaient déjà
La Banque centrale du Luxembourg a revu ses prévisions de croissance à 2,9% pour 2008 alors qu’en juin dernier, elle tablait encore sur 3,5%. Cette révision à la baisse de la croissance, aura un impact inévitable sur le budget présenté le 1er octobre par le gouvernement.
La sortie de la crise que certains analystes prédisaient n’est donc pas pour maintenant. Bien au contraire, l’Europe commence à subir de plein fouet les répercussions de la crise des subprimes commencée il ya un an aux Etats Unis.
La semaine dernière, en l’espace de deux jours seulement, le Luxembourg a mené deux opérations de secours de fonds publics, auprès du bancassureur belogo-néerlandais Fortis* et du franco-belge Dexia, les deux plus gros employeurs du pays. Rien que pour Dexia, l’Etat a injecté 376 millions d’euros pour remettre la banque à flot.
Selon Luc Frieden qui tenait une conférence de presse mardi pour rassurer les investisseurs, «c’est en tant que garant de l’emploi que [l’Etat] est intervenu dans me sauvetage de Dexia ». Pour le ministre, le sauvetage de Dexia et de Fortis, était indispensable à l'économie luxembourgeoise : «La situation sociale aurait été dramatique pour les épargnants et les employés ». Il a ajouté, « Nous avons sauvé Fortis et Dexia mais au delà, c'est l'ensemble du système financier qui est consolidé par cette action ».
*Fortis Belgique a été racheté lundi par la BNP Paribas.
Sophie Sellier
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