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03/10/2011
L'emploi repart, le chômage reste
Dans sa dernière Note de Conjoncture, le Statec confirme la reprise économique mais reste prudent dans ses prévisions de croissance. Paradoxalement, la hausse de l'emploi laisse (encore) le chômage de marbre.
Après deux années 2008 et 2009 marquées par un ralentissement, l'économie luxembourgeoise semble avoir en 2010 amorcé une croissance qui se confirme en 2011. Selon la dernière Note de Conjoncture n° 2-2011 (12 juillet 2011)
du Statec en effet, le PIB en volume aurait progressé l'année passée de 3.5%, après avoir connu une forte récession en 2009 (-3.6%) et une faible progression en 2008 (+1.4%). Pour l'année en cours, les prévisions à mi-parcours tablent sur une expansion de 4%.
Aussi positifs soient-ils ces bons résultats enregistrés ces 18 derniers mois n'ont cependant pas eu de véritable impact direct sur les chiffres du chômage. Oscillant en moyenne à 2,8% de la population active sur la période 1985-2009, le taux de chômage culminait à 6% (son record) en 2010, avant d'entamer une légère baisse début 2011. Il plafonnera à 5,9% cette année, selon les pronostics avancés par le Statec et le Ministère de l'Economie.
Paradoxalement, l'emploi intérieur semble de son côté avoir connu une esquisse de reprise en 2011, avec au 1er trimestre une progression de 2,5% par rapport au niveau constaté durant la même période un an auparavant. Cette évolution se justifie par une hausse quasi continue de l'emploi dans les services du secteur dit « protégé » (administration, éducation, santé et action sociale), explique ainsi l'Institut national de la statistique et des études économiques du Luxembourg. Initiée par le gouvernement durant la crise, cette dernière mesure active aurait ainsi permis de limiter les destructions nettes d'emplois (à savoir le nombre de pertes - celui des créations) au niveau de l'économie totale.
Emploi intérieur insuffisant
Parallèlement, toujours selon le rapport du Statec, le secteur « exposé » aurait à son tour connu une reprise des embauches, qui se serait traduite dans un premier temps par un recours accru au travail intérimaire, puis par des créations effectives d'emplois.
Aussi, l'amélioration conjoncturelle a certes entraîné une diminution du chômage; elle n'a cependant pas généré une croissance de l'emploi intérieur suffisante pour orienter substantiellement l'inemploi à la baisse.
Le constat est corroboré par l'accroissement des actifs non résidents, indique le Statec. « La plus forte localisation des travailleurs frontaliers dans le secteur concurrentiel les avait davantage exposés aux conséquences de la crise. Avec la reprise, ils ont majoritairement bénéficié de la hausse de l'emploi intérimaire (qu'ils occupent dans une proportion d'environ 80%). »
Peu de place est laissé à trop d'optimisme cependant. En début d'année, les chiffres du chômage avaient en effet bien commencé leur courbe descendante. La tendance s'est cependant inversée en mai dernier: avec une augmentation de 0,6% en rythme annuel, selon l'ADEM, le taux de chômage est en effet repassé à 5.9%, et devrait se maintenir à ce niveau en 2011.
Des résultats que confirme le Comité de conjoncture, qui s'est réuni en août dernier pour plancher sur la situation du marché du travail du mois de juillet 2011.
« Au 31 juillet 2011, le nombre des personnes sans emploi résidant au Luxembourg, enregistrées auprès des services de placement de l’Administration de l’emploi (ADEM) et non affectées à une mesure pour l’emploi, a été évalué provisoirement à 14.429. Le taux de chômage s’établit au mois de juillet 2011 à 5,9%, » publie-t-il dans son communiqué du 29 août. En intégrant au calcul les personnes bénéficiant d’une mesure pour l’emploi, le nombre total provisoire de demandeurs ainsi enregistrés en juillet 2011 se situerait à 18.630 personnes.
Optimisme prudent
Le Comité confirme néanmoins la reprise de l'emploi observée depuis la fin 2010: « Le nombre des offres d’emploi déclarées auprès de l’ADEM s’est établi à 3.014 en juillet 2011 et reste à un niveau élevé, en progression de 56,7% par rapport au mois de juillet 2010.»
Ce décalage entre hausse des emplois et baisse du chômage devrait à terme se résorber lentement. Le Statec prévoit en effet une croissance du PIB en volume de 4.0% en 2011 et de 3.8% en 2012. Et table parallèlement sur un taux de chômage à 5.7% pour 2012.
« La demande étrangère adressée au Luxembourg a été révisée à la hausse, surtout concernant les biens, » entrevoit l'office de statistiques. Côté services - et notamment des exportations de services financiers - la dynamique serait plutôt mitigée en 2011, mais s'améliorerait l'année suivante.
Si globalement le Statec a révisé ses perspectives à la hausse, pour ce qui est des progressions de la consommation et de l'investissement notamment, dans le domaine des finances publiques également - avec une hausse dynamique des recettes sur la première moitié de 2011 -, ou encore en termes de déficit public - à 0,8% du PIB en 2011 contre 1,0% initialement prévus et à 1,1% du PIB en 2012 au lieu de 1,5% - il reste d'un optimisme réservé quant à ses prévisions conjoncturelles: « La reprise se confirme (...), mais des signes de ralentissement se manifestent tant sur l'environnement économique international que sur les indicateurs de conjoncture nationaux, » conclut-il.
Lire aussi: http://www.statistiques.public.lu
Marc Alison
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